| Le réseau d'Amiens est un des
derniers construits pour la traction animale. La Compagnie des Tramways
d'Amiens, constituée en 1889, mit en service le 14 mars 1891 deux
lignes diamétrales à voie métrique : Saint-Acheul
- Route d'Abbeville (vers Montières) et Route de Corbie (Saint-Pierre)
- Hippodrome, avec embranchement sur le Cimetière.
L'électrification du réseau de Rouen, tout proche, incita
quelques années plus tard la Municipalité à moderniser
l'exploitation. Diverses extensions devaient également être
réalisées.
La traction électrique, installée par la Thomson-Houston,
fit mise en service en janvier 1899. L'exploitation était assurée
par des motrices au gabarit étroit de 1,80 m, montées sur
truck Thomson et munies d'un seul moteur type TH2 de 35 CV : le parc s'élevait
à 28 voitures. Rapidement, les voitures furent équipées
d'un second moteur de même type, permettant une vitesse de circulation
de 24 km/h soit une vitesse commerciale de l'ordre de 12 km/h. L'équipement
électrique permettait le freinage rhéostatique.
Entre 1902 et 1906, la Compagnie réceptionna
douze motrices supplémentaires identiques aux voitures d'origine.
Dix-huit remorques complétaient le parc dont dix voitures fermées
et huit ouvertes.
Le réseau avait acquis sa configuration définitive en 1906
avec sept lignes (huit services) s'étendant sur 19 km :
- ligne 1 : Gambetta - Saint-Acheul
- ligne 2 : Gambetta - Montières
- ligne 3 : Gambetta - Châteaudun
- ligne 4 : Gare du Nord - Route de Rouen
- ligne 4bis : Gare du Nord - Hippodromes
- ligne 5 : Gambetta - Madeleine
- ligne 6 : Gare du Nord - Saint-Pierre - Gambetta
- ligne 7 : Gare du Nord - Henriville - Gambetta
Toutes les lignes se coupaient dans l'étroit carrefour de la place
Gambetta. Les lignes 6 et 7 formaient les deux parties d'une vaste circulaire.
Le dépôt se trouvait à Saint-Acheul.
Les motrices furent progressivement vestibulées à partir
de 1910.
Après la première guerre, quelques aménagements
de voie furent réalisés pour améliorer la circulation
des tramways dans les rues étroites du centre (institution des
sens uniques).
En 1931, quinze remorques neuves à plate-forme centrale étaient
réceptionnées.
Le 18 mai 1940, les blindés allemands qui avaient
atteints Péronne, se dirigeaient vers Amiens. La ville fut évacuée
de la majeure partie de ses habitants et les 19 et 20, Amiens subit plusieurs
bombardements qui, entre autres, endommagèrent gravement le dépôt
de Saint-Acheul. Toutes les motrices furent détruites et il fut
impossible de reprendre le service. Les tramways avaient définitivement
disparus.
Quelques semaines après l'armistice de juin, un service urbain
fut rétabli à l'aide d'autobus provenant de Versailles et
de Paris, dont des PN de la STCRP qui fonctionnèrent au gaz de
ville. Quelques temps plus tard, l'exploitant amiénois réceptionna
des autobus Renault-Scémia à gazogène.
En 1946, la municipalité renonça définitivement
à remettre les tramways en service et se tourna vers le trolleybus.
Cinq Vétra CS60, originellement prévu pour Versailles, furent
mis en exploitation sur la ligne de Saint-Acheul. En 1947, les lignes
4, 5, 6 et 7 furent équipées à l'aide de douze Vétra
VCR. Une remorque routière complétait le parc.
Mais le trolleybus perdit la faveur de la ville et ils disparurent à
leur tour en février 1963. Depuis lors, Amiens est entièrement
desservi par autobus.
Voir aussi :
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