| Les tramways de Clermont-Ferrand ont
été généreusement représentés
par la carte postale. Le fait d'avoir possédé la première
ligne de tramways électriques de France a sans doute largement
contribué à cette profusion. En outre, et contrairement
à la plupart des villes de France, les tramways dans leurs dernières
années d'exploitation ont souvent été photographiés
en gros plan. Sans doute était-ce le reflet d'une certaine popularité.
Clermont-Ferrand a présenté la particularité d'avoir
le premier tramway électrique de France à prise de courant
par fil aérien. La concession des tramways de Clermont-Ferrand
est accordée le 27 janvier 1888 au département du Puy-de-Dôme
qui la rétrocéde à M. Claret. Le projet concerne
"une ligne à traction par locomotive de Montferrant à
Royat avec embranchement sur la gare de Clermont-Ferrand".
Dès l'origine, la traction électrique est retenue. Le système
adopté est celui mis au point en Suisse, à Thury, c'est
à dire par prise de courant par "navette" glissant dans
un tube fendu à sa partie inférieure. Le tube est suspendu
au dessus de la chaussée, à des potences.
La première ligne de tramways est mise
en service le 7 janvier 1890, entre Montferrand et la place de Jaude et
prolongée le 6 juin, à Royat. Vingt-deux motrices assurent
le service. Il s'agit de petites voitures à plates-formes extrêmes
ouvertes reposant sur un truck à faible empattement comportant
un seul moteur de 25 CV. Le moteur attaque directement un essieu par un
engrenage en bois. L'autre essieu est relié à l'essieu moteur
par des bielles pour accroître l'adhérence. L'écartement
de la voie est métrique.
En 1902, une nouvelle ligne est construite entre la place Delille et
la place de Jaude par la vieille ville.
Le réseau est modernisé en 1907-1908 par le remplacement
de la prise de courant par navette par la prise de courant par perche
classique glissant sous le fil électrique.
En 1913, les lignes Place de Jaude - Salins - Gare et Place Gaillard
- Fontgiève, sont mises en service et en 1914, une ligne reliant
Salins à Beaumont. Une quinzaine de motrices à deux essieux
et plates-formes fermées sont livrées pour exploiter ces
extensions.
Les développements du réseau se poursuivent après
1918. La longueur maximum exploitée est atteinte en 1928 avec l'ouverture
de la ligne d'Aubières. Le service est assurée sur cinq
lignes dont une circulaire.
Parallèlement, de nouvelles voitures sont acquises : vers 1922,
le réseau récupère trois motrices à bogies
du réseau de Rodez ; en 1925, cinq motrices neuves à plates-formes
extrêmes sont acquises. Enfin, en 1930, dix motrices neuves à
plate-forme centrale sont réceptionnées. Les premières
voitures de 1890 sont alors retirées du service. L'effectif du
matériel, en 1932, comprend trente-trois motrices et vingt-quatre
remorques.
Après la dernière guerre, le réseau des tramways
est intact et en bon état. Mais il est nécessaire de procéder
à la modernisation du matériel et au renouvellement de certaines
portions de voies après le manque d'entretien de quatre années
de restriction.
Le contexte pro-automobile ne se prête pas au lancement de tels
investissements et il est décidé de remplacer les tramways
par des autobus. Les suppressions des lignes ont lieu entre 1950 et mars
1956. Le réseau est alors desservi par des autobus Chausson AHH
et ASH. Quelques années plus tard, des Berliet PH10-100 apparaissent
sur la ligne de Montferrand, puis des Saviem SC10.
Voir aussi :
Revenir en haut de la page |