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Le développement industriel
de la ville de Limoges a très tôt posé le problème
de la desserte urbaine. Mais il faut attendre la fin du XIX° siècle
pour qu'un projet de tramways électriques soit concrétisé.
La Ville de Limoges retient la création d'un réseau de cinq
lignes de tramways électriques sur une longueur totale de 12,6
km. Les itinéraires étaient les suivants :
- ligne 1 : Place Sadi-Carnot – Faubourg du Pont Neuf ;
- ligne 2 : Place Sadi-Carnot – Octroi de l'avenue Baudin ;
- ligne 3 : Place Sadi-Carnot – Cimetière de Louyat ;
- ligne 4 : Gare des Bénédictins – Faubourg Montjovis
;
- ligne 5 : Gare des Bénédictins – Ecole Normale
d'Institutrices.
Les travaux de construction sont rapidement menés (treize mois)
et la nouvelle Compagnie des Tramways Electriques de Limoges (CTEL) inaugure
les lignes 2 et 5, le 6 juin 1897, suivies par la ligne 3, le 22 juin,
la ligne 1, le 9 juillet et la ligne 4, le 1er septembre. L'exploitation
est assurée par vingt-cinq motrices Grammont comportant deux moteurs
de 20 CV et six remorques Carde. Il est à noter que la perche de
prise de courant comportait un frotteur et non pas l'habituelle roulette.
Le frotteur réduisait fortement les risques de saut de perche.
Entre 1900 et 1903, plusieurs extensions
sont réalisées portant la longueur du réseau à
17,8 Km pour six lignes. A partir de 1907, onze des motrices Grammont
dont l'équipement moteur était trop faible, sont équipées
de nouveaux moteurs plus robuste. En 1911 et 1912, les plates-formes des
motrices sont vestibulées, puis celles des remorques en 1915 et
1916. En 1912, le parc avait été renforcé de six
motrice Brill provenant de la ligne suburbaine d'Aixe-sur-Vienne, exploitée
par les Chemin de Fer Départementaux de la Haute Vienne.
En 1928, le réseau connaît son apogée avec les six
lignes suivantes :
- ligne 1 : Place Sadi-Carnot – Route de Lyon ;
- ligne 2 : Place Sadi-Carnot – Octroi de l'avenue Baudin ;
- ligne 3 : place Sadi-Carnot – Cimetière de Louyat ;
- ligne 4 : Avenue Labussière – Faubourg des Casseaux ;
- ligne 5 : Gare des Bénédictins – Ancienne Route
d'Aixe ;
- ligne 6 : Route d'Ambazac – Faubourg d'Angoulême.
Mais le matériel roulant nécessitait d'être remplacé
et les voies de trente ans d'âge, devaient être remplacées
sur la plupart des itinéraires. En outre, il était nécessaire
de les doubler afin d'améliorer la circulation des tramways en
ville. La CTEL envisage alors de commander des motrices modernes SATRAMO
à bogies et quatre moteurs.
L'influence de la suppression des tramways parisiens a suspendu toutes
les velléités de modernisation. Dès lors, les tramways
de Limoges sont condamnés. En octobre 1935, la CTEL propose le
remplacement des vieilles motrices par des trolleybus sur les lignes 2
à 5, les tramways étant provisoirement maintenus sur la
ligne 1. La déclaration de guerre retarde la mise sur route du
réseau qui ne commence qu'en juillet 1943 avec l'apparition des
nouveau trolleybus Vétra CB60 sur la ligne 2. Le 20 octobre suivant,
les tramways de la ligne 3 sont à leur tour, remplacés par
des trolleybus CB60. Le reste du réseau est converti entre septembre
1945 et le 2 mars 1951. Tout le matériel tramway est réformé
et démoli.
Au total, la Compagnie des trolleybus de Limoges, qui avait remplacé
la CTEL, a mis en service 33 Vétra CB60 acquis entre 1943 et 1957,
10 Vétra-Renault-SNCASO VCR mis en service de 1949 à 1951,
2 Vétra-Renault CS60 rachetés au Mans, en 1951 et 3 VétraBerliet
VBBh mis en circulation en 1960. Enfin, en 1966 et 1967, la CTL rachetait
à la RATP, la totalité des trolleybus Vétra VBRh
suite à la suppression du réseau des trolleybus parisiens.
Dans les années cinquante et soixante, le réseau de trolleybus
qui formait la base, était complété par des autobus
dont le parc s'étoffera au fil des années. En revanche,
la ville restera fidèle à ses trolleybus et le réseau,
toujours parfaitement entretenu, sera maintenu quasi-intégralement.
Voir aussi :
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