| Le lendemain de la déclaration
de la guerre, le 2 septembre, un service réduit était mis
en service sur l'ensemble du réseau : les lignes 2, 6, 11, 14 et
la Navette étaient arrêtées et la plupart des autres
lignes, exploitées partiellement avec 85 stations ouvertes. Le
service reprit peu à peu et en novembre la quasi totalité
des lignes étaient à nouveau en service. Seules les lignes
aériennes, vulnérables aux bombardements, restaient fermées.
196 stations étaient ouvertes en février 1940.
Lors de l'entrée des armées allemandes dans Paris, le 14
juin 1940, le service était maintenu, mais avec un trafic très
réduit, la population parisienne ayant pris les routes de l'Exode.
Peu à peu, la vie reprit à partir de septembre et le réseau
était exploité dans son intégralité dès
le 15 juillet précédent. Rapidement, le trafic allait augmenter
: à la fin de 1940, le trafic journalier était de 15% supérieur
à celui de 1938. En surface, le service des autobus était
réduit aux lignes principales de banlieue et à quelques
lignes dans Paris. La situation était donc bien différente
de celle de 1914 : Paris bénéficiait alors d'un vaste réseau
de tramways, qui avait disparu en 1938. Le trafic du Métropolitain
devait augmenter d'une façon continue pour dépasser le milliard
de voyageurs en 1941.
Au début de la guerre, trois prolongements étaient en cours
de construction : la ligne 5 vers Eglise de Pantin, la ligne 8 vers Charenton
et la ligne 7 vers Mairie d'Ivry. Les deux premiers prolongements seront
mis en service en octobre 1942.
Le prolongement de la ligne 5 engendra la permutation des services avec
la ligne 6. Ainsi, la ligne 5 sera coupée à la Place d'Italie
et la ligne 6 reprit l'intégralité du trajet d'Etoile à
Italie pour former une demi-circulaire sud.
L'achèvement du prolongement de la ligne 7 fut remis à
des jours meilleurs. Un dernier prolongement avait été mis
en chantier en 1941, celui de la ligne 13 de la Porte de Saint-Ouen au
Carrefour Pleyel. Les travaux seront suspendus.
Parallèlement, la situation allait accélérer le
projet de fusion des réseaux, projets élaborés dès
avant la guerre. Il s'agissait de regrouper sous une seule autorité
l'exploitation des autobus et du métro. La CMP récupéra
le réseau d'autobus le 1er janvier 1942. A cette date, la STCRP
cessa d'exister.
Durant cette période d'occupation, le Métropolitain dut
faire face à un trafic sans cesse croissant malgré des difficultés
considérables engendrées par de fortes restrictions. La
pénurie de charbon avait conduit à un contingentement strict
de l'énergie électrique. Pour diminuer la consommation,
la CMP dut à nouveau fermer des stations, diminuer l'éclairage,
arrêter les escaliers mécaniques.
De nombreuses stations avaient été aménagées
comme abris anti-aérien, et des portes étanches avaient
été installées dans certaines sections des tunnels.
Dès qu'une alerte retentissait, le courant était coupé
et les Parisiens descendaient dans les stations les plus profondes
.
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