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Evoquer les réseaux français sans mentionner
celui d'Alger eut été une erreur historique. L'Algérie étant alors partie
intégrante de la Métropole, le réseau des tramways algérois est, rétrospectivement,
à considérer comme un réseau français.
Alger a comporté trois réseaux distincts : les CFRA, les TMS et les TA.
Ces trois compagnies avaient des secteurs de dessertes bien définis et
il y avait peu de jonction entre les lignes respectives. En revanche,
les normes techniques des trois compagnies étaient identiques : courant
sous 600 volts et écartement de 1,055 m.
Les premiers tramways étaient mis en service par les CFRA (Chemins de
Fer sur Route de l'Algérie), en 1892. Ils avaient à la fois une vocation
urbaine et vicinale. Concurremment, les TMS (Tramways et Messageries du
Sahel), introduisaient vers la même époque, une ligne desservant la crête
d'El Bihar. Enfin, les TA (Tramways Algériens) exploitaient plusieurs
services urbains dont une ligne qui sera l'artère maîtresse du réseau
algérois.
Après l'électrification des trois réseaux, le trolleybus était introduit
dès 1938 pour le remplacement des tramways sur la ligne d'El Bihar, qui
comportait de sévères rampes. Progressivement, le trolleybus remplaca
les tramways des lignes des TA ayant de fortes déclivités. En revanche,
les tramways étaient conservés sur les lignes longeant le Port d'Alger
(CFRA) et sur l'artère maîtresse des TA (ligne de Yusuf).
Les CFRA exploitaient leurs lignes à l'aide de trains réversibles à grande
capacité composés de deux motrices encadrant une remorque.
Mais la réalisation la plus remarquable porte sur la modernisation de
la ligne des TA : en 1934, la compagnie passait commande à la SATRAMO
(Société Anonyme du Tramway Moderne) d'un prototype dune
motrice moderne articulée, longue de vingt mètres et montée sur une suspension
nettement améliorée par rapport aux matériels précédents. Cette voiture
pouvait transporter 150 personnes et comportait des portes à fermeture
automatique avec marchepieds rabattables. Devant le succès de ce matériel,
25 voitures étaient commandées et mises en service en 1937. Ce sera le
matériel français le plus moderne jusqu'en 1950. Curieusement, la Métropole
ignora totalement ce type de voiture articulée.
Néanmoins, après 1945, la circulation devint envahissante dans Alger.
En 1957, les tramways des CFRA avaient disparus.
La dernière ligne équipée des motrices SATRAMO ne
tardera pas elle aussi à connaître un sort funeste : malgré
un bon état général, les tramways sont partiellement
remplacés par des autobus le 12 septembre 1959, entre le boulevard
de Provence et l'Hôpital du Dey (ligne 3). Le reste de la ligne,
exploitée sous l'indice 1, était défintivement supprimée
peu avant la Noël 1959. Ainsi disparaissaient les seules motrices
articulées françaises et le fleuron d'un des meilleurs réseaux
de tramways.
Complément d'informations : suite à des erreurs répétées
sur la date de suppression des tramways d'Alger, l'un nos internautes
nous ont fait part de la remarque suivante et nous les en remercions :
le service a été partiellement supprimé sur la lign
3 et remplacé par des autobus, le 12 septembre 1959, sur simple
décision de la gestion de la RSTA, et absolument sans rapport avec
les évènements politiques de fin 1959, ni avec les barricades
de janvier 1960. Le reste de la ligne exploitée sous l'nidice 1,
a disparu peu avan la Noël de 1959. Le rapprochement de la fermeture
de la ligne de tram avec les évènements politiques (barricades
de janvier 1960) se retrouve un peu partout dans la littérature
spécialisée et il est erroné.

Voir aussi :
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