| Il aura fallu plus de dix ans pour
que Bordeaux, à l'instar des autres villes françaises importantes,
puisse inaugurer son réseau de tramways modernes.
Ce retard procède d'une longue bataille entre l'ancien maire -
qui avait supprimé les anciens tramways en décembre 1958
- partisan du métro et un groupe de personnes plus jeunes, qui
préconisaient la construction d'un réseau de tramways plus
dense et moins coûteux.
La situation des transports bordelais était probablement l'une
des moins brillantes de France : la politique volontairement favorable
au développement de l'automobile dans les années cinquante,
soixante et soixante-dix, avait engendré une dégradation
notable des conditions de déplacement. Le taux d'utilisation des
autobus était faible, malgré l'existence d'un réseau
dense et desservant les lointaines communes de cette ville étendue.
Devant cette situation critique, la municipalité bordelaise se
lançait dans l'étude d'un projet de réseau de VAL
(métro automatique léger) en 1986. Cette première
étude portait sur trois lignes en étoile, se croisant aux
Quinconces. Le coût du projet le rendait critiquable et des édiles
locaux s'opposèrent à sa concrétisation. Une deuxième
projet vit le jour en 1990, présentant une version allégée
du premier, basé sur un transports en souterrain et la réorganisation
de la circulation automobile dans le centre, ce qui n'arrangeait pas le
problème du transport collectif. L'affaire devint polémique
et un vote de la communauté urbaine rejeta le projet en juillet
1994.
Le changement de maire en 1995, relance les études d'un réseau
de transports en site propre. Rapidement, le tramway est adopté.
Le nouveau projet porte sur trois lignes formant un réseau de 43,7
km :
- ligne A : Mérignace - Lormont et Cenon ;
- ligne B : Pessac - Claveau ;
- ligne C : Saint-Jean - Ravezies.
Les trois lignes se croisent dans le centre de Bordeaux,
aux Quinconces, place Pey-Berland et place de Bourgogne (Bir-Hakeim).
Le matériel retenu sera celui construit par ALSTOM, le CITADIS
300 sous deux versions : une version longue de 44 m et une version courte
de 33 m.
L'alimentation électrique présente une particularité
tout à fait intéressante : si le fil aérien est adopté
sur la quasi totalité des parcours en dehors du centre historique,
il est préconisé de s'en affranchir pour des raisons esthétiques
dans la traversées des quartiers centraux, grosso modo dans un
périmètre situé à l'intérieur des cours
et des quais. ALSTOM et INNORAIL développent un système
de prise de courant par le sol, dénommé APS (alimentation
par le sol), lointaine résurgence des plots utilisés à
la fin du XIX° siècle et au début du XX° à
Paris. Il s'agit, sous une forme moderne, d'un rail continu mis sous tension
par section, lors du passage d'une motrice. Sous chaque bogie de celle-ci,
un frotteur envoie un signal électronique déclenchant la
mise sous tension du rail, puis sa mise hors tension. Ce système
permet l'évolution des tramways en toute sécurité
pour les piétons, puisque le rail central n'est alimenté
qu'au passage du tramway.
Les travaux des trois lignes, engagés en 2000 dureront trois ans.
La première ligne entre Mériadeck et Lormont et Cenon est
mise en service officielle le 21 décembre 2003, en présence
du Président de la République.
Dès les premiers jours, quelques difficultés
de mise au point du nouveau système de prise de courant par le
sol engendrèrent des interruptions de trafic. Cette situation provoquera
la report de la date de mise en service des deux autres lignes : la ligne
C a été mise en service entre les Quinconces et la gare
Saint-Jean, le 24 avril 2004 et la ligne B entre les Quinconces et Pessac,
le 15 mai 2004. Le prolongement de cette dernière vers Talence
a eu lieu le 3 juillet 2004.
Le succès et la fréquentation croissante des tramways de
Bordeaux qui transportent quelques 180.000 voyageurs par jour, est symbolisé
par la mise en service de plusieurs prolongements : le 23 septembre 2005,
la ligne A a été prolongée sur 2,8 km et six stations
de Mériadeck à Saint-Augustin ; le 29 mai 2007, la ligne
B a été prolongée dans Pessac ; le 23 juillet 2007,
2,6 km des nouvelles lignes sont mises à la disposition des Bordelais
portant la longueur totale des lignes à 43 km. A cette date, le
parc est constitué de soixante-quatorze motrices ce qui en fait
un des plus importants de France. Le 27 février 2008, la ligne
C a été prolongée vers les Aubiers au nord et vers
Bègles au sud. Dans le courant de 2008, les tramways seront à
nouveau prolongés vers Bacalan. Enfin, en décembre 2008,
la ligne B devrait atteindre la Cité Claveau.
Au delà, il est envisagé de construire 35 km suplementaires
dont une quatrième ligne pour desservir les quartiers nord-oues
de la ville.

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