| Grenoble était jadis le centre
d'un important réseau interurbain desservant le Dauphiné.
Des lignes urbaines venaient s'imbriquer dans ce réseau. L'obsolescence
des tramways engendra leur disparition le 1er octobre 1952 sur le réseau
urbain. Le réseau interurbain suivait en 1952 (1964, pour les services
marchandises). Grenoble était alors desservi par trolleybus et
autobus.
A Grenoble, le développement anarchique de l'automobile rendait
la situation des transports publics de plus en plus précaire. Néanmoins,
la Société Grenobloise des Tramways Electriques tentait
tant bien que mal d'améliorer ses services par le renforcement
du parc de trolleybus et la modernisation des autobus. Malgré cela,
le trafic baissait constamment.
Devant cette situation alarmante, la SGTE proposait dès 1971,
de construire un transport en site propre sous la forme de quatre lignes
de tramways, en s'inspirant du modèle zurichois. Parallèlement,
et c'était dans l'air du temps, des propositions de transports
futuristes apparaissaient ici et là sous des appellations étranges
: Poma 2000 (système de petites cabines à câble) ;
Télérail (systèmes de cabines suspendues) ; Urba
(minibus sur coussin d'air). Toutes ces idées restèrent
sans suite.
C'est en 1974 que les études d'un transport en site propre reprenaient
pour aboutir à trois propositions, chacune basée sur un
ou plusieurs axes lourds autour desquels s'articulaient les trolleybus
et les autobus. Elles aboutissaient à un référendum
en 1983, qui donnera une majorité favorable au projet de tramway.
Dès lors, la nouvelle ligne était sur les voies et les premiers
travaux débutaient le 8 décembre 1983.
La ligne devait relier Fontaine La Poya, à l'ouest, à Echirolles
au sud, en traversant le centre de Grenoble, via la Gare, la rue Alsace-Lorraine
et la place Victor Hugo.
Le matériel choisi est sensiblement différent de celui
de Nantes, qui circulait depuis 1985 : il s'agit du premier tramway français
comportant environ 75% de son plancher surbaissé, améliorant
ainsi l'accessibilité par la suppression de l'emmarchement intermédiaire.
Chaque motrice, construite par Alsthom, est longue de 29,40 m avec une
largeur de 2,30 m ; elle peut accueillir jusqu'à 198 passagers.
La première motrice, d'une série de vingt, est livrée
en octobre 1986. Enfin, la première ligne est mise en service le
5 septembre 1987 devant tous les Grenoblois.
Le succès ne s'est pas fait attendre et avant même l'ouverture
de la première ligne, la SEMITAG - qui avait remplacé la
SGTE - entreprenait les études pour une deuxième ligne partant
de la Gare et desservant les Universités à l'est de la ville.
Elle sera mise en service en le 26 novembre 1990.
Jusqu'en 2003, le réseau a bénéficié de plusieurs
prolongements et atteint 19,5 Km. Il assurait le transport journalier
d'environ 164.000 voyageurs. 53 motrices étaient alors en service.
Après une période de pause, le réseau de Grenoble
connait une nouvelle activité avec des extensions et la construction
d'une troisième ligne. Ainsi, le 20 mars 2006, la ligne B a été
prolongée jusqu'à Gières-Plaine des Sports sur environ
2 km. Ce prolongement qui comporte quatre stations, relie les facultés
à la gare de Gières. En outre, le parc a été
augmenté de 35 motrices CITADIS-302, portant ainsi le nombre de
tramways à 88.
Une nouvelle ligne C, qui relie Seyssins à
Gières (environ 13,5 km), a été inaugurée
le 20 mai 2006. Le 6 octobre 2007, la ligne D desservant Saint-Martin-d'Hères
a été à son tour mise en service sur 2,6 km.
Une commande complémentaire de quinze motrices Citadis a été
passée à la fin de l'année 2007 afin de renforcer
le parc qui sera porté à cent trois voitures, soit le plus
important de France.
A l'horizon de 2012, al ligne A sera prolongée entre La Poya et
Sassenage au nord et entre Echirolles et Pont-de-Claix au sud. Enfin,
une cinquième ligne est prévue entre Grenoble et Saint-Egrève
en utilisant partiellement des infrastructures ferroviaires.
Ainsi, Grenoble comme les autres villes ayant renoué avec le tramway,
possède dorénavant un réseau dense offrant la base
d'une transport urbain efficace et fiable.

Voir aussi :
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