| Lorsque le 31 janvier 1966, le réseau
urbain de Lille était supprimé, il en restait plus que trois
lignes à voie métrique reliant Lille à Roubaix, Tourcoing
et Marcq exploitées par les Société de l’Elctrique
Lille-Roubaix-Tourcoing (ELRT), vestiges du vaste réseau interurbain
qui desservi jadis la conurbation. Desservies par 16 motrices 200 livrées
en 1936-1937 et 28 motrices 500 mises en service entre 1950 et 1952, elles
bénéficiaient d'un service exemplaire tant en confort qu’en
régularité et rapidité. Etablis en grande partie
en site propre, les tracés permettaient aux tramways de montrer
leur pleine capacité de transport.
Mais en 1966, il était de bon ton de tout faire pour faciliter
la circulation automobile. Divers projets de suppressions sont mis à
l’étude afin de libérer la plate-forme tramviaire
pour augmenter la largeur des chaussées et y établir une
voie automobile rapide.
Devant ces projets, le personnel d’exploitation et la population
montrent une hostilité croissante qui portera ses fruits. En 1969,
la concession de l’ELRT est renouvelée et un programme de
modernisation du Mongy est élaboré. Il porte sur la rénovation
des 28 motrices 500, rénovation engagée immédiatement
et terminée en 1970. En revanche, l’antenne de Marcq est
supprimée en septembre 1972, victime de l’absence de pénétration
de la ligne au centre même de Marcq. Les motrices 200 sont alors
retirées du service.
Le Mongy modernisé reste inchangé durant une dizaine d’années.
En septembre 1980, afin de renforcer le parc, l’ELRT acquiert d'occasion
six motrice Düwag au réseau des Vestiche Strassenbahnen (Allemagne).
Enfin, vingt et une motrices Düwag articulées, en provenance
du même réseau, sont réceptionnées de mars
à octobre 1982, permettant le retrait des 500 en 1985. L'ELRT hésite
à acquérir du matériel moderne dans un contexte incertain
: un projet de métro est à l'ordre du jour.
De nouvelles menaces sur l'avenir du Mongy apparaissent : il est question
de construire une ligne de métro automatique, le "VAL",
entre Lille et Lomme, via Roubaix et Tourcoing. Divers projets de réduction
des lignes de tramways sont envisagés, mais un rapport de la commission
d’étude estime que «le maintien et la modernisation
du tramway contribueront efficacement à l’amélioration
des conditions de circulation sur les axes routiers majeurs reliant les
trois grandes pôles». Le principe de conservation des deux
lignes existantes est officialisé en 1990.
Son avenir étant dorénavant assuré, il devient nécessaire
de procéder d’urgence à une modernisation radicale
de l’ensemble des installations fixes et du matériel roulant.
Des travaux importants de renouvellement des voies sont engagés
sur trois ans dès 1991. Des souterrains sont construits au passage
de trois carrefours afin d’améliorer la régularité
des tramways ; le tracé à l’entrée de Tourcoing
est rectifié par l’abandon du passage par le pont hydraulique
; celui de Roubaix est modifié afin de mieux desservir le nouveaux
terminus des autobus à Eurotéléport. Un nouveau dépôt
est construit en remplacement des anciennes installations du Croisé-Laroche.
Enfin, l’ELRT se tourne vers un constructeur italien, Bréda,
pour la commande de 24 motrices modernes, à plancher surbaissé.
Les nouvelles voitures sont livrées à partir de la mi-mai
1993.
Pour permettre une accélération des travaux, les deux lignes
sont complètement suspendues le 14 juin 1993. Durant trois mois,
des autobus assurent provisoirement le service. Par contrecoup, les motrices
Düwag sont définitivement réformées. Le nouveau
service débute le 4 septembre 1993 avec le nouveau matériel.
Depuis lors, les tramways du Mongy assurent toujours un excellent services,
complémentaire de celui du "VAL".

Voir aussi :
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