| Lorsque les villes françaises
supprimaient leurs tramways, il restait une ligne à Saint-Etienne.
Cette ligne traversant du nord au sud, la totalité de la ville,
assurait le trafic le plus important du réseau. Circulant dans
des rues étroites, il était matériellement impossible
d'y faire passer des trolleybus ou des autobus. Faisant front contre les
critiques de l'époque, l'exploitant (Chemins de Fer à Voie
Etroite), envisagea alors de conserver la ligne et de la moderniser. La
compagnie réussit à convaincre la municipalité qui
soutint le projet. Dès 1952, des travaux de réaménagements
sommaires améliorent les conditions d'exploitation (cas unique
en France).
En 1958, afin de rénover totalement le parc ancien, la première
voiture d'une série de trente motrices modernes de type PCC, était
mise en service. L'ancien matériel à essieux était
retiré du service l'année suivante. Le succès a été
considérable et la pérennité des tramways était
assurée. En 1968, cinq motrices articulées, de conception
PCC permettant d'augmenter la capacité de transport de la ligne,
était mise en service.
En 1970, afin de faire face à la dégradation des conditions
de circulation, un plan de réaménagement complet de la ligne
était mis à l'étude. Il aboutira à partir
de 1972, à la mise en chantier de sites propres aux deux extrémités
de la ligne. Dans le centre, la mise en sens unique de la circulation
générale, et le ripage des voies, permettra aux tramways
de circuler à contre sens vers le sud. Une partie de la Grand-Rue
est également mise en voie piétonne, seuls les tramways
pouvant y accéder (ainsi que les services de livraison à
certaines heures).
A partir de 1980, les trente-cinq motrices font l'objet d'un programme
complet de rajeunissement : les receveurs sont supprimés le 2 novembre
1982 et le libre-service instauré. L'intérieur des voitures
est réaménagé et la livrée extérieure
modifiée. Les motrices PCC assurèrent dès lors un
service exemplaire.
Le renouveau de la ligne sera consacré par la mise en service
d'un prolongement au sud, de Bellevue à Solaure, le 17 février
1983. C'était la première fois depuis plus de trente ans,
qu'une ligne de tramways était prolongée en France.
En 1991, la Société des Transports de l'Agglomération
Stéphanoise (STAS), qui avait remplacé les CFVE, procède
à la modernisation du parc par l'acquisition d'une série
de quinze motrices partiellement surbaissées construites par Vevey-Alsthom.
Parallèlement, la ligne est prolongée depuis Terrasse vers
l'Hôpital Nord le 7 décembre 1991. Les motrices PCC circulent
jusqu'à l'été de 1998. Un complément de vingt
motrices surbaissées est livré. En septembre 1998, les perches
de prise de courant sont remplacées par des pantographes.
A Saint-Etienne comme ailleurs, les besoins de transports ont rapidement
évolué. Il a été nécessaire de redévelopper
le réseau de tramways par la construction d'une nouvelle ligne
5 qui relie la Gare Châteaucreux à la Place du Peuple et
se greffe sur la ligne 4. Il s'agit en fait d'un service reliant Terrasse
à Bellevue et faisant le crochet par la Place Fourneyron et Châteaucreux.
La nouvelle ligne a été mise en service le 7 octobre 2006.
Aujourd'hui, les trente-cinq motrices des lignes 4 et 5 transportent
chaque jour près de 100.000 voyageurs soit plus de 55% du trafic
total du réseau. Pour répondre aux besoins, la fréquence
aux heures pointe est de quatre minutes en moyenne sur le tronc commun.
Un projet de redéploiement du réseau de tramways est en
cours et porte sur la construction d'une nouvelle ligne qui reliera Châteaucreux
à la Métare en passant par le centre-ville.
Voir aussi :
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