| Lausanne, important centre ferroviaire
sur le hauteur du lac Léman, est construite à flancs de
montagne au dessus d'une vallée, avec des rues souvent étroites
et escarpées dans son centre. Seule les avenues descendant vers
Ouchy et le lac sont relativement larges. La topographie de la ville a
pesé lourdement sur l'histoire des transports dont l'organisation
a toujours été difficile.
Du fait des rampes de la villes, l'installation d'un réseau à
traction hippomobile a paru inadapté. De fait, Lausanne a tardivement
bénéficié d'une desserte par tramway.
Les premiers tramways électriques furent mis en service en août
1896 en premier lieu sur les lignes ne présentant pas de côtes
trop sévères.
Le succès des premières lignes poussa au développement
du réseau qui s'étendit bientôt sur l'ensemble de
la ville et de ses faubourgs.
La construction du réseau lausannois a été une véritable
prouesse et certaines lignes atteignaient des déclivité
de 11,3%. Cette situation nécessitait des motrices fortement motorisées
et équipées de freins puissants.
Le parc de matériel roulant était exclusivement constitué
de motrices et de remorques à deux essieux dont plusieurs séries
furent mises en service entre 1896 et 1935.
Par ailleurs, le réseau lausannois possédait une longue
ligne interurbaine au nord de la ville, sur laquelle circulaient de grandes
motrices à bogies. Cette ligne (ligne du Jorat) pénetrait
dans Lausanne en utilisant les voies urbaines.
Mais la topographie du réseau et le développement
de la circulation automobile, rendaient mal aisée la circulation
des tramways. Dès avant la guerre, il fut décidé
de supprimer la totalité des lignes urbaines au profit du trolleybus,
mieux adapté à de telles dessertes. Le processus de remplacement
fut engagé dès juin 1938. En 1939, cinq des sept lignes
urbaines étaient exploitées par trolleybus.
En 1942, le tramways fit une brève réapparition en remplacement
des trolleybus qui ne pouvaient plus circuler du fait du manque de pièces
d'entretien.
En 1951, il ne restait plus que deux lignes urbaines et deux lignes interurbaines
encore exploitées par tramways. Quoique la desserte ferroviaire
aurait pû être maintenue, le réseau de Lausanne n'envisagea
jamais sérieusement une modernisation d'envergure du matériel
roulant. Seule la ligne du Jorat reçut en 1954, trois grandes motrices
modernes à bogies afin d'améliorer la desserte interurbaine.
La décision de suppression totale du réseau fut alors rapidement
prise et le dernier tramway urbain rentra au dépôt le 6 janvier
1964. La ligne du Jorat avait elle-même disparu dès le 4
mars 1963.
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