Accueil | Musée & Collections | Amtuir | Histoire générale des transports | Métro de Paris | Tramways | Bus | Liens

 

La fin des TN : 1961 - 1971

A la mémoire de François Méyères et de Jean-Bernard Prudhommeaux, sans qui ce chapitre n'aurait pu être illustré et qui nous ont quittés trop tôt.

         
 

 

La fin des TN : 1961 - 1971

 

 
 

Introduction

 

 
 

Il y a quarante ans, le 22 janvier 1971, les derniers autobus à plate-forme disparaissaient de Paris. Les derniers modèles, issus d’une longue lignée construite à partir de 1912, ont circulé durant près de quarante ans. Ils ont profondément marqué l’imaginaire collectif des Parisiens qui en parlent encore à tel point que les générations qui ne les ont pas connus les ont assimilés comme une espèce d’icône devenue légende. On en a presque fait un mythe : celui d’un véhicule apprécié de tous les usagers, leur disparition ayant engendré un regret quasi-éternel.

Il n’en reste pas moins vrai que ces autobus, surtout dans les dernières années de leur exploitation, présentaient une obsolescence marquée : offrant une faible capacité de transport et un confort limité, ils ont représenté aussi les années difficiles des transports parisiens dont la modernisation était ralentie faute d’intérêt des pouvoirs publics. En 1961, neuf cents autobus construits avant la guerre circulaient encore et il fallut dix ans pour terminer la modernisation du parc. Une première réduction du parc eut lieu entre 1950 et 1960 avec l’arrivée des premiers autobus modernes, principalement sur les lignes de banlieue. Mais ce ne fut qu’à partir de 1965, lors de la livraison des SC10, des PCMR puis des PGR, que les autobus à plate-forme disparurent rapidement, la dernière voiture rentrant au dépôt en janvier 1971. Cette « exposition spéciale » se propose de parcourir ces dix dernières années de la carrière de ces autobus qui ont représenté une image typiquement parisienne.

Revenir en haut de la page

 
 

 

 

 

 
 

1961

   
 

Au début de cette année, cinquante lignes, dont dix-huit en banlieue, sont exploitées avec des TN6A, TN6C, TN4F et TN4H. Deux auparavant, les derniers TN4C et TN6C1 avaient disparu. Le développement des lignes de banlieue mobilisait la majeure partie des livraisons de matériel moderne (APVU, OP5/3-S2B3 et PCS10) au point qu’aucune ligne exploitée par TN ne sera modernisée en 1961. Mieux : la nouvelle ligne 197 (Porte d’Orléans – Antony-Petit Massy) fut mise en service le 12 juin avec des TN6A de 1932 ! Il en fut de même avec la nouvelles ligne 89, Place du Panthéon – Vanves-Lycée Michelet, inaugurée le 9 janvier 1961 avec des TN4H et la ligne 29, Gare Saint-Lazare – Porte de Montempoivre, inaugurée le 6 novembre avec des TN4F. A la fin de l’année, cinquante-trois lignes étaient équipées de TN.

Revenir en haut de la page

 
         
 

1962

   
 

L’année sera calme pour les TN. Seules les lignes 105, le 1er avril et 129, le 9 juillet, perdent les TN au profit d’OP5/2. A la fin de l’année, peu de choses avaient changé : les TN4HP de la ligne 83 avait laissé la place aux seuls TN4H-Bla ; la ligne 27 se voyait équipée de toutes les versions de TN4H et les TN6A de la ligne 124 avait été remplacés par des TN6C2, modernisation toute relative ...

Revenir en haut de la page

 
         
 

1963

   
 

Au 1er janvier, cinquante et une lignes sont équipées de TN. A l’instar de l’année précédente, il y a peu de mouvements : les TN6C2 laissent la place à des OP5/3 sur la ligne 109 ; les TN6A disparaissent de la ligne 115 dorénavant exploitée par des TN6C2.

Revenir en haut de la page

 
         
 

1964

   
 

L’année commence avec cinquante lignes équipées ; elle se terminera avec cinquante lignes équipées ! Dernière création de ligne avec des TN4HP, le 24 février, la ligne 70 (Hôtel de Ville – Pont de Grenelle) apparaît dans les rues de Paris. En revanche, La ligne 55 (République – Marie de Montreuil) perd ses TN6A a profit d’OP5/3, le 7 décembre. Quelques mutations de matériels modifiaient sensiblement l’équipement de certaines lignes mais les TN continuaient à dominer les lignes intra muros.

Revenir en haut de la page

 
   

 

   
 

1965

   
 

A l’été de 1965, les premiers autobus SC10 et PCMR faisaient leur apparition en banlieue. Il s’agissait prioritairement d’améliorer la capacité de transport et le confort des grandes lignes. Durant cette année, le parc des TN fut peu touché : le 1er mars, la ligne 89 était équipée d’OP5/3. Elle sera la seule et l’année se termina avec quarante-neuf lignes équipées de TN.

Revenir en haut de la page

 
         
 

1966

   
 

L’arrivée massive des autobus Standard allait avoir un premier impact important sur le parc des TN. Par mutations successives, des voitures modernes (SC10 et PCMR) ou récentes (OP5/2, OP5/3, PCP10, PCS10, APU) sont libérées et arrivent dans Paris. Le 28 février, les TN6C2 de la ligne 120 sont remplacés par des OP5/2 ; le 1er avril, les TN4HP de la ligne 30 laissent la place à des PMCR ; le 16 mai, la ligne 165 perd ses TN4F pour des OP5/3 ; le 1er juillet, les TN6A et les TN6C2 de la ligne 118 laissent la place à des OP5/2, les TN6A de la ligne 122 sont remplacés par des OP5/3-S2B3 et des OP5/2 sont substitués aux TN6C2 sur la ligne 124 ; le 1er octobre, les TN4F de la ligne 139 sont remplacés par de OP5/3 ; le 31 octobre, la ligne 114 troque ses TN6C2 pour des OP5/2 ; le 21 novembre, la ligne 126 reçoit des OP5/3-S2B3 à la place de ses TN4F ; enfin, le 12 décembre, la ligne 68 est exploitée par OP5/3.

Il s’agissait de supprimer rapidement les TN des lignes de banlieue et de concentrer les dernières voitures sur les lignes parisiennes. A la fin de l’année, trente-neuf lignes étaient exploitées avec des TN, dont seulement huit lignes de banlieue.

Revenir en haut de la page

 
   

 

   
 

1967

   
 

L’année voit s’accélérer le rythme des retraits des TN. La RATP réforme en priorité les plus vieilles voitures (TN6A, TN6C) et commence la modernisation des lignes intra muros.

Le 2 janvier, les TN4F de la ligne 26 disparaissent au profit d’OP5/3 ; le 1er février, c’est au tour des TN6A de la ligne 140 de laisser la place à des PCMR ; le 1er avril, les TN6C2 de la ligne 106 sont poussés à la réforme par des OP5/2 ; le 2 mai, les TN4H-Bar de la ligne 24 laissent la place à des SC10 ; le même jour, des OP5/3 sont substitués aux TN4HP de la ligne 47 ; le 19 juin, des APU prennent la relève des TN4HP de la ligne 63 ; le 1er juillet, la ligne 49 voit ses TN4H-Bar disparaître au bénéfice de d’OP5/3 ; le 1er août, c’est au tour des TN4HP de laisser la place à des OP5/3 sur la ligne 81 ; le 15 septembre, les TN6C2 de la ligne 85 rentent au dépôt et des OP5/3 prennent le relais ; le 16 octobre, la ligne 96 reçoit des OP5/3 à la place de ses TN6C2 ; le 4 décembre, les services des TN4F de la ligne 38, qui avaient remplacés durant quelques jours les TN4H, sont repris par des OP5/3.

A la fin de l’année, il restait vingt-huit lignes exploitées par TN dont six en banlieue.

Revenir en haut de la page

 
         
 

1968

   
 

Le processus de retrait des TN se poursuit rapidement au gré des arrivées massives de PCMR et de SC10. La livraison des premiers PGR en novembre, n’aura encore qu’un effet limité.

Ainsi, le 19 juin, le 94 est modernisé par la substitution des PCMR-E aux TN4H ; le 1er mai, les TN4H-Bar de la ligne 95 sont enfin remplacés par des OP5/3 ; le 1er août, les TN4H-Bla de la ligne 27 laissent la place à des OP5/3 et les TN4HP de la ligne 74 sont aussi remplacés par des OP5/3 ; le 29 novembre, la ligne 29 reçoit les premier PGR en remplacement des TN4F.

En banlieue, un dernier effort est mené pour moderniser les dernières lignes encore exploitées par des TN : le 25 mars, les TN4F et les TN6A de la ligne 128 et les TN6A de la ligne 197 sont respectivement remplacés par des OP5/2 et des SC10 ; le 1er octobre, les TN6C2 de la ligne 166 et les TN6A de la ligne 188 sont relayés par des OP5/2.

L’année touche à sa fin avec dix-neuf lignes encore exploitées par TN, mais il n’en reste plus que deux en banlieue.

Revenir en haut de la page

 
         
 

1969

   
 

L’année est marquée par les importantes livraisons de PGR. Ce nouveau matériel à petit gabarit réduit, mal adapté au service, va néanmoins permettre la réforme rapide des TN parisiens. Parallèlement, la poursuite des livraisons des SC10 et des PCMR, permet par mutations successives, l’envoi d’OP5 sur les lignes parisiennes qui ne sont pas équipées de PGR.

La RATP termine les réformes des plus anciennes voitures : l’année verra le retrait définitif des TN6A de 1932 et des TN6C2 de 1934. La réforme se poursuivra avec le remplacement rapide et simultané des TN4F de 1935 et des TN4H de 1936-37.

Le 6 janvier, la ligne 43 reçoit des OP5/3 en remplacement des TN4H ; le 3 février, les derniers TN6A et les TN6C2 de la ligne 154 sont remplacés par des OP5/2 ; le 10 mars, c’est au tour des TN4H-Bla de la ligne 83 de céder la voie à des OP5/3 ; le 2 juin, les TN4HP de la ligne 48 cèdent la place à des OP5/3 ; le 30 juin, les derniers TN6C2 du réseau disparaissent de la ligne 115, remplacés par des OP5/2 ; le 1er juillet, les TN4H de la ligne 74 abandonnent le service au profit de d’OP5/3 ; le 20 octobre, la ligne 58 est modernisée avec des PGR qui remplacent les TN4HP ; le 15 décembre, l’exploitation de la ligne 87 est assurée par des PGR au lieu des TN4H-Bla.

A la fin de l’année, seules douze lignes restent exploitées par des TN4F et des TN4H. Les derniers TN des lignes de banlieue ont été définitivement retirés du service.

Revenir en haut de la page

 
         
 

1970

   
 

L’année sonne l’hallali des TN. Il n’est presque plus question de les remplacer par des OP5/3 et les PCMR, les SC10 ou les PGR sont leurs successeurs directs.

Le 6 avril, la les TN4HP de la ligne 20 sont remplacés par des SC10 ; le 1er mai, la ligne 60 est exploitée par des PGR au lieu des TN4H-Bar ; le 1er juin, des PGR se substituent aux TN4HP de la ligne 80 et des SC10 remplacent les TN4H de la ligne 91 ; 15 juin, c’est au tour des TN4H-Bla de la ligne 76 de donner le relais à des PGR ; le 29 juin, c’est au tour aux TN4HP de la ligne 54 de disparaître au profit de SC10 ; le même jour, les tout derniers TN4F de la ligne 67 cèdent devant les PGR ; le 1er octobre, lesTN4H disparaissent de la ligne 66 au profit des PGR et le même jour, les TN4H-Bar de la ligne 70 sont remplacés par des PGR ; enfin, le 9 novembembre, les TN4H de la ligne 39 abandonnent le service qui est repris par des PGR ;

Le 1er octobre, seuls quelques TN4H continuent inlassablement à assurer le service de la ligne 21. Ils seront les derniers des Mohicans durant trois mois …

Revenir en haut de la page

 
         
 

1971

   
 

Le vendredi 22 janvier 1971, la température était étonnamment douce à Paris avec 14° alors que le début de janvier avait été très froid. Ce sera en ce jour que les TN4H effectueront leurs derniers services. Les Parisiens savaient que ce serait le dernier jour : des affichettes annonçant la mise en service d’autobus à un agent le lendemain, avaient été apposées à tous les arrêts. Ainsi, c’en était fait : la silhouette familière des autobus à plate-forme disparaissait définitivement des rues de Paris ! Les habitants de la capitale vinrent nombreux accompagner une dernière fois ce véhicule si particulier qui avait marqué leur vie quotidienne durant plus de soixante ans. La page était tournée et au soir du 22 janvier, il semblait que Paris ne serait plus tout à fait Paris : on ne fumerait plus sur les plates-formes ; on ne monterait plus en marche au risque de se rompre le cou ; on ne descendrait plus n’importe où par un saut en marche élégant et aérien. Des autobus modernes prenaient la relève, permettant une amélioration de l’exploitation et du confort des usagers.

Les TN entraient dans le panthéon des souvenirs, souvent enjolivés : malgré leurs inconvénients, ils ne seront pas oubliés de sitôt, image symbolique de ce que fut jadis l’autobus parisien …

Revenir en haut de la page