| Lyon possédait le troisième
réseau de tramways de France ; elle possédera - et possède
encore - le premier réseau de trolleybus.
Dans les années 1930, le développement automobile commence
à peser lourdement sur les lignes ferrées de banlieue. Pour
pallier la situation financière déficitaire de certaines
lignes, les Omnibus et Tramways de Lyon (OTL) cherchent à développer
un moyen de transport économique et efficace. Dès la fin
de 1932, la compagnie étudie la possibilité de remplacer
le tramway de certaines lignes, par des trolleybus.
Après des essais à Gerland, en janvier 1933, l'OTL équipe
les lignes 29 et 30, desservant Sainte-Foy et Francheville. Le 15 octobre
1933, les trolleybus circulent sur la ligne de Francheville, puis le 11
septembre 1936, la totalité des deux lignes est exploitée
par trolleybus. Dix-sept CS60 à portes extrêmes assurent
le service. Trois voitures complémentaires viennent renforcer le
parc en 1938.
Ces deux lignes restent uniques jusqu'à la guerre. Suivant l'exemple
de Paris, l'OTL avait entamé un programme de remplacement des tramways
par des autobus. En 1940, ceux-ci sont partiellement réquisitionnés.
Après la défaite de 1940, le manque de carburant limite
drastiquement la circulation des autobus. L'OTL décide alors de
reprendre le programme de développement des trolleybus en équipant
en premier lieu les itinéraires abandonnés par les autobus.
Le 2 décembre 1940, une troisième ligne est équipée
entre Vaise et Ecully (ligne 19) ; le 12 décembre 1941, la ligne
5, Vaise - Pont Mouton voit ses premiers trolleybus. Dès lors ce
mode de transport se développera durant une dizaine d'années
dans la capitale des Gaules.
Après la guerre, la décision - contestable
- de supprimer la totalité des tramways engendre la mise en place
d'un programme de substitution par autobus et trolleybus, dans lequel
ce dernier tient une place prépondérante. De 1946 à
1959, aux cinq lignes existantes en 1945, s'ajoutent seize nouvelles lignes,
la plupart reprenant des itinéraires abandonnés par les
tramways.
Mais à Lyon, la politique urbaine tourne rapidement en faveur
de l'automobile : la ville voit progressivement ses quais transformés
en autoroutes, le développement désordonné des sens
uniques, la dégradation du centre historique lors de la mise en
service de l'autoroute du sud. Le trolleybus apparaît comme un frein
à la "réorganisation" urbaine et la première
ligne est supprimée en avril 1959, des autobus prenant la relève.
De 1960 à 1966, la moitié du réseau passe à
l'autobus. A début de 1967, il ne reste que onze ligne exploitées
par trolleybus. Cette année là, la ligne 7, la plus chargée
du réseau, voit ses trolleybus VA3B2 remplacés progressivement
par des autobus articulés - les premiers de France en service normal.
En 1969, il ne reste plus que six lignes exploitées par trolleybus
VA3B2 et VBH85.
Un revirement se produit néanmoins, lorsque les TCL, qui ont remplacé
l'OTL, étudient la transformation des VA3B2 pour l'exploitation
en libre-service. La modification des voitures s'effectue entre 1972 et
1975. Par ailleurs, la crise du pétrole de 1973 a modifié
la donne : de marginal, le trolleybus réapparaît sur le devant
de la scène. En 1976, il est enfin décidé de moderniser
la parc du matériel roulant à l'aide d'ER100 qui apparaissent
à Lyon le 11 mars 1978. Les derniers VA3B2 sont retirés
du service, le 14 septembre 1981.
Dans ce contexte favorable, la ligne 44 est électrifiée
en 1978, suivie par la ligne 11, qui est ré-électrifiée
en janvier 1979. Mais la construction du métro entraîne la
suppression progressive des trolleybus de la ligne 1 en 1983. Le matériel
libéré équipe la ligne 23, nouvellement électrifiée.
A la fin de l'année 1985, huit lignes sont exploitées par
110 ER100.
Mais la mise en service de la ligne D du métro,
en 1991, provoque une importante réorganisation du réseau
de surface, dont le trolleybus fait les frais par une importante réduction
des itinéraires dans la presqu'île. A nouveau l'avenir du
trolleybus est incertain.
En 2000, un nouvel arrivant provoque une véritable tornade sur
le réseau de surface : le tramway est de retour à Lyon !
Deux lignes sont mises en service à la fin de décembre.
Les travaux avaient débutés en 1997, reprenant pour l'une
des deux lignes, l'itinéraire du trolleybus 23 qui est raccourcie
et exploitée par autobus dès le 12 septembre 1997.
La mise en service des tramways T1 et T2 en 2001 entraina la suppression
officielle des trolleybus de la ligne 23 dont l'essentiel du parcours
fut repris par le tramway. D'autre part, d'importants travaux de rénovation
urbaine entrepris dans le quartier de Vaise ont nécessité
l'exploitation à partir de 1997 de la ligne 44 par autobus. Ainsi,
en 2007, le réseau lyonnais comprenait les lignes 1 - 4 - 6 - 11
- 13 - 18.
En 2002, l'arrivée de nouvelles voitures modernes, les ETB-12
et ETB-18, permet de remplacer progressivement les ER100 dont le dernier
est retiré du service en 2005. 64 ETB12 et 24 ETB18, version articulée
du précédent, assurent dorénavant la totalité
des services sur le réseau lyonnais.
L'année 2006 a été marquée par de nouveaux
développements du réseau de trolleybus : la création
de la ligne C1 ("C" comme Cristalis) entre la gare de la Part-Dieu
et le Palais des Congrès clot ainsi deux décennies de stagnation
de ce mode de transport. Cette nouvelle ligne bénéficie
de voies réservées et d'un système de priorités
aux intersections. En 2010, elle sera prolongée à Caluire
avec un terminus à la station de métro Cuire.
La ligne 51, reliant le centre de Vaulx-en-Velin au métro Laurent
Bonnevay, a été d'électrifiée et mise en service
le 14 mai 2007. Elle fusionnera ensuite avec l'importante ligne 1 reliant
Laurent Bonnevay à la gare Saint-Paul. Cette ligne sera baptisée
C3. Enfin, en 2009, la ligne 59 reliant la gare de la Part-Dieu à
Rillieux-la-Pape sera électrifiée, avec aménagements
de voies réservées et de priorités aux carrefours.
Les trois lignes C1, C2, C3 seront équipées d'ETB18 d'une
capacité de 110 places. L'effectif lyonnais atteindra alors 147
voitures.
Aujourd'hui, le parc lyonnais est constitué de 119 trolleybus,
chiffre qui n'avait pas été atteint depuis bien des années
ce qui est très encourageant pour ce remarquable réseau
qui revient de loin. D'ici 2010, le réseau de trolleybus lyonnais
aura gagné près de vingt kilomètres. Par ailleurs,
la ligne 44 devrait retrouver ses véhicules électriques
à brève échéance. D'autres projets sont à
l'étude, tant dans la presqu'île lyonnaise que sur le plateau
ouest, où circulèrent voici soixante-dix ans les premiers
trolleybus lyonnais.
A Lyon, comme dans bien d'autres villes, le trolleybus a sa place. Ce
n'est pas un concurrent du tramway, mais bien un complément sur
les lignes à profil difficile ou ne justifiant pas une exploitation
par tramway. Bien des réseaux en Europe centrale ont su trouver
un équilibre entre chaque moyen de transport : le trolleybus est
un élément incontournable.
Voir aussi :
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